Il y a un siècle, avant la construction du barrage d’Eguzon dans les années 20, la région vivait au rythme d’une petite agriculture, familiale et vivrière. Les coteaux qui surplombent la Creuse du côté de Cuzion, St Plantaire et Eguzon, étaient couverts d’ajoncs, fougères, genêts et bruyères. Chèvres et moutons y étaient emmenés paître, et entretenaient ainsi les pentes rocheuses en s’y nourrissant des jeunes pousses d’herbe, d’ajoncs, de chêne, de buis et d’épines.

C’était ce paysage de lande relativement rase, où les teintes roses ou jaunes des bruyères et genêts contrastaient avec la roche grise et les reflets de la Creuse en contrebas, qui avait séduit les peintres de l’ «École de Crozant». Aucun grand arbre ne venait arrêter le regard. C’est avec la disparition des nombreuses petites fermes (au nombre de 153 à Cuzion en 1955, elles se sont réduites à 62 en 1970 pour n’être plus que 7 recensées par l’Insee en 2013), et notamment de l’arrêt de l’élevage de petit bétail, que les arbres ont commencé à recouvrir le territoire. Hêtres, chênes pédonculés, châtaigniers, charmes et même sapins de Douglas se sont enracinés et déployés sur les deux versants de la Creuse depuis seulement une soixantaine d’années, créant un nouveau paysage, devenu aujourd’hui quasi forestier. C’est ce que l’on nomme «l’inversion des paysages».

Source : Elisabeth Trottignon, l’Aurore Paysanne du 05/02/2016.

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